4 conseils pour bien choisir son hypnothérapeute

Mis à jour : juin 17

L'hypnose thérapeutique, dont la plus connue est l'hypnose ericksonienne, connait un regain d'intérêt depuis ces dernières années. Que ce soit pour arrêter de fumer, pour maigrir, pour soigner une dépression ou se débarrasser d'une phobie, de nombreuses personnes se tournent vers un hypnothérapeute ou un "hypnotiseur" pour atteindre leurs objectifs. Mais tous les thérapeutes ne se valent pas: comment trouver un hypnothérapeute sérieux? Psychologue spécialisée en hypnose près de Lyon, je vous donne 4 conseils pour trouver un professionnel de confiance.



1) Du titre, tu te méfieras.


Hypnothérapeute, hypnopraticien, maitre-praticien en hypnose, hypnologue, hypnotiseur, hypno-coaching… Sachez qu’en France, aucun de ces titres n’est protégé, reconnu ou certifié par l’état. Cela signifie concrètement que n’importe qui peut ouvrir un cabinet libéral et poser une plaque d’hypno-machintruc (et c’est effectivement ce qu’il se passe !). On a donc parfois affaire à des thérapeutes quasi auto-proclamés, avec des titres ronflants de « praticien certifié », « maître », « expert » (plus c’est gros, plus ça passe ?). Ne vous laissez pas endormir par ces qualificatifs qui sont souvent tel l’arbre qui cachent la forêt, ou en l’occurrence, comme le titre qui cache l’absence de formation sérieuse.


2) À un professionnel de santé, tu t’adresseras.


Là aussi, il est bon de le rappeler, l’hypnose n’est pas un métier. C’est un outil qui doit s’inscrire dans le champ de compétence initial du praticien, qui doit également être conscient de ses limites. Un dentiste formé à l’hypnose ne soignera pas la dépression, et un psychologue-hypnothérapeute ne propose pas d’anesthésie dentaire !


Il existe énormément de praticiens en hypnose qui ne sont pas soignants à la base. Comme l’a bien analysé la philosophe Julia de Funès, dans son livre « Développement (im)personnel », ces praticiens sont souvent en reconversion professionnelle, lassés de leur métier dans les ressources humaines ou le commerce, et affichant un désir d’être « plus dans l’humain ». Leur formation se résume souvent à une dizaine de jours, quelques mois dans le meilleur des cas. En tout cas, loin des nombreuses années d’études universitaires d’un professionnel de santé (Bac+5 minimum pour un psychologue).


Nous sommes bien d’accord, il y a de mauvais médecins hypnothérapeutes, tout comme il y a de bons maîtres praticiens en hypnose. Le fait que votre praticien ait un diplôme en santé ne vous assure pas de ses qualités humaines et de son efficacité pour vous aider. Cela vous garantit seulement que ce professionnel a acquis une somme de connaissances théoriques, et a été validé par le jugement de ses pairs au cours de son cursus (par le biais de ses expériences de stage). Inversement, le fait de ne pas avoir de diplôme n’est pas non plus gage de rencontrer quelqu’un de plus humain ou à l’écoute. C’est même prendre le risque de tomber sur quelqu’un qui vous entrainera dans une dérive sectaire, dont on sait qu’elles pullulent chez les praticiens du bien-être / développement personnel. L’hypnose est un outil puissant : pratiquée de façon inadaptée, elle peut être inefficace, désagréable voir toxique et dangereuse.


De plus, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les séances d’hypnose sont souvent bien plus chères chez ces praticiens peu formés, avec des tarifs de consultations qui sont parfois autour de 100-120€ de l’heure ! Un prix élevé n’est pas nécessairement gage de sérieux ou de qualité…


Pour reprendre la métaphore de Gregory Tosti, médecin-algologue et hypnothérapeute, « ce n’est pas parce que l’on sait utiliser un scalpel pour trancher une tranche de bifteck que l’on sait opérer une appendicite ». Maîtriser les techniques hypnotiques est à la portée de tous, mais prendre soin de la santé mentale nécessite des savoir-faire et savoir-être qui ne s’acquièrent pas en quelques semaines. Privilégiez donc un professionnel de santé diplômé pour vous accompagner en hypnose (médecin, psychiatre, psychologue, psychothérapeute, etc.).


Tous les professionnels de santé disposent obligatoirement d’un numéro ADELI, qui témoigne de leur inscription auprès de l’Agence Régionale de Santé de leur département (qui en profite au passage pour vérifier l’authenticité de leur diplôme). N’hésitez pas à demander ce numéro à votre praticien, et en cas de doute, contactez l’ARS pour vérifier que cette personne est bien diplômée.


3) Sur sa formation, tu te renseigneras.


Autre élément qui peut vous aider à faire le bon choix, est la formation à l’hypnose de votre praticien. Là encore, rendez-vous dans la partie « qui suis-je ? » du site internet de votre thérapeute, où celui-ci aura certainement indiqué son école de formation.


Là encore, ne vous laissez pas berner par les qualificatifs d’école « internationale », « centrale », « française », etc., qui ne sont que de la poudre aux yeux. Il n’existe pas d’écoles officielles et certifiées par l’état.

Mais il existe toutefois des formations plus sérieuses que d’autres, dont les formateurs sont reconnus pour leur expérience clinique. Premièrement, les Diplômes Universitaires, c’est-à-dire les formations à l’hypnose dispensées à l’université et qui donnent droit à un diplôme (il y en a peu en France). Deuxièmement, les instituts privés qui réservent leurs enseignements uniquement aux professionnels de santé, et dont les formateurs sont eux-mêmes professionnels de santé.


Pour vous aider, vous trouverez sur cette page le livre blanc des formations en hypnose, qui donne un bon aperçu des formations fiables et de celles dont il convient de se méfier.


4) Ton ressenti, tu écouteras.


L’efficacité de l’hypnose, comme de toute thérapie en général, dépend grandement de la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient. Il est donc important d’écouter votre ressenti, et ne pas hésiter à changer de praticien si vous sentez que « ça ne passe pas », ou si vous ne vous sentez pas en confiance.


En plus de votre ressenti, écoutez également votre bon sens. Un thérapeute qui vous promet 100% de réussite ou la fin miraculeuse de tous vos problèmes en une seule séance devrait vous inciter à la méfiance.


Voilà, j'espère que ce premier article vous aidera à y voir plus clair et à faire un choix éclairé dans les professionnels que vous choisissez pour vous accompagner!


[1] https://www.20minutes.fr/lyon/1625579-20150607-lyon-hypnose-envoute-hopitaux [2] https://sante.lefigaro.fr/article/l-hypnose-une-pratique-bien-implantee-a-l-hopital/ [3] https://www.midilibre.fr/2013/12/03/l-essor-de-l-hypnose-a-l-hopital-de-nimes,791750.php [4] https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/2014/02/21/clermont-ferrand-s-eveille-l-anesthesie-sous-hypnose-419693.html

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Coralie Bobin, psychologue clinicienne, et psychothérapeute spécialisée en hypnose à Anse, est enregistrée auprès de l'Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes sous le n° ADELI 699343026.

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